Forêts et paysages verts de la Haute Eifel

Le nom Schneifel vient de "Schnee-Eifel", ou Eifel enneigé. Un nom qui ne lui a d'ailleurs pas été donné sans raison : les nuages qui arrivent de l'Atlantique par le nord-ouest, se refroidissent en s'élevant pour franchir la région qui culmine à près de 700 mètres d'altitude. Il en résulte une importante condensation de l'eau à l'origine des fortes pluies et des chutes de neige. C'est la raison pour laquelle le climat de cette zone est avant tout marqué par des températures fraîches et des précipitations abondantes. Par le passé, de telles conditions climatiques, alliées à un sol inculte, firent de la région une contrée peu attrayante pour l'homme. Les sommets de la Haute Eifel ne furent peuplés de manière significative qu'à partir des 13e et 14e siècles.
Par la suite, la forêt subit le même sort que partout ailleurs dans l'Eifel. La surexploitation et le défrichement entraînèrent peu à peu la disparition de la forêt de feuillus traditionnelle. Elle se rétrécit au profit des prairies de sous-bois, de la production de charbon de bois et de tan. Au siècle dernier, un plan de reforestation par des épicéas fut entrepris. Ce sont encore ces mêmes conifères qui déterminent aujourd'hui l'aspect de la forêt de la Haute Eifel. A l'écart des habitations, elle est aussi devenue le milieu de vie de plusieurs espèces d'oiseaux rares et timides.
Aujourd'hui, l'élevage du bétail est l'un des éléments marquants de l'agriculture de la Haute Eifel. Hélas, l'exploitation intensive a eu pour conséquence une forte réduction du nombre des espèces vivant dans les prés et les pâturages. Il était donc impératif de protéger ces milieux. Aujourd'hui, grâce à des programmes de protection, les bordures des prairies ne sont plus arrosées d'engrais et offrent un milieu de vie idéal à la flore typique des anciens sols pauvres, comme le fenouil des Alpes.
Haies mélangées et groupes d'arbustes habillent ce paysage vert et offrent au bruant jaune, une tour de guet pour chanter, et à la pie grièche un terrain de chasse et un site où nicher. Les campagnols, les loirs, les souris et les musaraignes de ce biotope complexe et structuré constituent la nourriture de base du busard, du milan royal, de l'hermine et de la belette.






