La Rureifel - un paysage façonné
En dehors de la forêt, les villages présentent leur caractère traditionnel. Si l'élevage bovin y occupe aujourd'hui une place dominante, ce ne fut pas toujours le cas. Un mode d'essartage à longtemps été l'une des formes d'exploitations ancestrales. Il a d'ailleurs largement contribué à faire du paysage ce qu'il est aujourd'hui. Tous les 15 à 20 ans, la forêt était abattue et les branches brûlées sur place pour servir d'engrais. Après cette opération, il était possible de cultiver, pendant un an ou deux, de l'avoine, du seigle et du sarrasin.Malheureusement, au fil du temps, le sol se lessiva de plus en plus, à tel point qu'en certains endroits, la forêt fut incapable de se régénérer. Ainsi, entre les 16e et 19e siècles, l'essartage et la production de charbon de bois créèrent de vastes étendues incultes. Celles-ci étaient utilisées périodiquement pour quelques maigres cultures, ou encore comme pâtures pour le bétail et les moutons. L'élevage de moutons sur les surfaces défrichées participa d'ailleurs au développement de l'industrie du drap à Montjoie. Toutes ces activités sont liées au chapitre économique de l'histoire de l'implantation de l'homme dans l'Eifel et de l'exploitation de la région.
Les paysages de la Rureifel jouissent aussi d'un développement écologiquement harmonieux. Dans la commune de Dreiborn, sur le plateau près de Schleiden, les autorités et les associations de protection de la nature ont mis au point, ensemble, un plan de réaménagement du paysage qui soutient une exploitation plus raisonnable de la région par les agriculteurs. Dans ce contexte, les responsables ont également veillé à créer ou à préserver des milieux riches en espèces animales et végétales indigènes et sauvages. Ainsi, aujourd'hui, sur la montagne de Scheuren, près de Schleiden, vous pourrez observer un paysage varié de cultures en terrasses, de massifs de buissons et de haies sauvages. Tout à côté, dans la réserve naturelle du Höddelbach, une vallée marécageuse s'étire bordée de prairies humides.

