1830
La Belgique devient indépendante. Ses frontières n'épousaient pas encore les tracés actuels. Ainsi, la frontière qui la séparait de la Prusse traversait les Fagnes par la Baraque-Michel. Les bornes B-P (Belgique-Prusse) furent érigées en 1839 pour la matérialiser.
Michel Henri Schmitz, un tailleur de pierre d'origine rhénane s'installe dans une modeste habitation sur le haut-plateau. Sa motivation demeure méconnue. A sa mort en 1819, sa famille vient à son tour s'installer en Fagne, mais dans un but lucratif : établir un relais routier à l'intention des voyageurs qui transitent par le haut-plateau. Ils s'acquitteront bientôt d'une fonction salutaire : sonner une cloche par temps de brouillard pour guider les égarés. Grâce aux tenanciers de la Baraque-Michel, plus de 120 personnes furent ainsi sauvées au cours du 19e siècle.
1755-1756
Durant tout l'Ancien Régime, plusieurs Etats se sont partagés les Hautes-Fagnes. Cette situation trouve son origine dans le processus de morcellement territorial du système féodal. D'innombrables bornes rappellent encore ces anciennes limites qui s'enchevêtraient sur le haut plateau. Moins précises que nos actuelles frontières, elles occasionnaient régulièrement des différends entre Etats, mais aussi entre communautés villageoises, notamment en ce qui concernaient les délimitations des zones où s'exerçaient les droits d'usages comme le pâturage des troupeaux.1595
Dans son Atlas Universel, Mercator signale l'auberge de Mon Piette en lisière de l'actuelle Fagne des Deux Séries, alors mentionne également deux autres qu'il omet des dizaines de villages. Il auberges fagnardes: "Tsur Kalde Herberge" et "Zoerbroeth".
Mon Piette a aujourd'hui disparu. Les deux autres ont donné naissance à deux villages : Kalterherberg et Sourbrodt.
1566
Les Panhaus et les Hauptmann, deux familles de marchands, font ériger trois colonnes de pierre sur le haut-plateau. Elles jalonnaient un itinéraire autrefois emprunté pour traverser la Fagne entre Eupen et Sourbrodt. Elles représentaient des repères fiables dans un paysage de lande désertique et émergeaient des épaisses couches de neige.
1444
Un document réglemente les droits d'usage dans la Fagne Wallonne. Les droits d'usage comprenaient des activités telles que le pâturage, le fauchage, l'essartage, l'exploitation de tourbe, ... que les communautés villageoises avaient le droit d'exercer en commun en Fagne. Ce sont ces pratiques ancestrales qui sont en grande partie responsable de la disparition dans le paysage fagnard des forêts de feuillus au profit de la lande.
13e siècle
La Fagne, quel lieu plus propice aux ermites. Un de ceux s'installa à Reinartzhof au cours du Moyen Age. Il secourait déjà les voyageurs perdus. L'ermitage devint ensuite un complexe de fermes qui cessèrent leur activité à la fin des années 60'.
Vers 650
Longtemps considérée comme une voie romaine, cette route fut en fait construite au haut Moyen Age (7e-8e siècle). La technique utilisée révèle l'ingéniosité des constructeurs pour franchir la zone marécageuse. L'assise en pierres repose sur une structure en bois ce qui apparente la construction à un "long pont". L'appellation de "via mansuerisca" apparaît une seule fois dans un document de 670 fixant les limites du territoire de l'abbaye de Stavelot-Malmedy. Les habitants de la région la connaissaient mieux sous l'appellation de "Pavée de Charlemagne".

